Canadiens après 5 matchs : ne pas suranalyser, mais...
- Alexis Michaud
- 16 oct.
- 5 min de lecture

Après sa victoire d’hier soir, le Tricolore porte sa fiche à 4-1-0. Même s’il faut rester prudent après un petit échantillon de cinq matchs, nous sommes en mesure de remarquer quelques tendances qui se confirment, ainsi que des points d’interrogation qui ne sont pas disparus. Regardons ces différents éléments de plus près.
Une stabilité défensive
Au-delà des débuts canons de certains joueurs, l’élément qui ressort le plus est, de loin, la défensive du CH. Avec l’ajout de Noah Dobson, qui a permis de placer tous les défenseurs de l’équipe dans « la bonne chaise », on retrouve de la mobilité sur toutes les paires. Même la troisième paire est étonnamment mobile, alors que le CH a le luxe de retrouver Alexandre Carrier sur celle-ci.
De plus, si la première paire composée de Mike Matheson et Noah Dobson a fait sourciller plusieurs partisans en début de saison, les deux défenseurs se démarquent par une stabilité défensive digne des très bonnes paires de la Ligue nationale. En effet, la paire se classe au 11ᵉ rang de la LNH pour les buts attendus contre parmi celles ayant joué plus de 30 minutes. On remarque d’ailleurs que c’est Mike Matheson qui semble avoir bénéficié le plus de l’ajout de Dobson, alors qu’il paraît beaucoup plus à l’aise défensivement et que sa prise de décision n’a jamais été aussi bonne.
Cole Caufield qui continue de croître
Au-delà de ses deux derniers matchs exceptionnels, où il a soulevé la province québécoise au complet, Cole Caufield confirme qu’il est en mesure d’accomplir plus que seulement mettre la rondelle au fond du filet. Même si ses 5 pieds 7 pouces le limitent dans sa capacité à gagner ses batailles à un contre un et à défendre en zone défensive, on est loin du Cole Caufield de début de carrière qu’on craignait être une nuisance dans sa zone. Avec plusieurs jeunes joueurs qui n’ont pas encore atteint leur apogée et qui continuent d’apprendre à jouer sur 200 pieds, il est très intéressant pour le CH de posséder un jeune vétéran comme Caufield, qui peut démontrer que même avec un profil comme le sien, il est possible d’être efficace dans toutes les facettes du jeu à 5 contre 5.
Une bien meilleure vitesse d’exécution
L’un des éléments qui sautent aux yeux lorsqu’on regarde cette équipe est la vitesse d’exécution, surtout en offensive. Même si l’exécution du CH n’a pas toujours été à point en cinq matchs, on note une différence significative dans la rapidité générale de l’équipe, avec des transitions beaucoup plus fluides et un jeu qui semble bien plus cohérent que ce que nous avons vu dans les années passées.
On se souvient qu’il était rare de voir le CH prendre le dessus sur son adversaire, même l’année dernière, alors qu’on sentait que l’équipe n’était tout simplement pas capable de dominer et qu’elle trouvait sa fierté dans des jeux défensifs in extremis, des remontées spectaculaires et des gardiens. En effet, le CH accordait environ 29 lancés par rencontre l'année passée tandis que cette année, après cinq rencontres, le Tricolore en accorde en moyenne 24. Ainsi, même si le CH est revenu de l’arrière plus d’une fois, on sent que l’équipe n’est pas dépassée par les évènements et qu’elle est souvent en mesure de dominer pendant de longues séquences — et ce, malgré le fait qu'elle soit la formation la plus jeune de la LNH. Il sera intéressant de voir si cette tendance se poursuivra.
Le même Patrick Laine
Après avoir affirmé qu’il connaîtrait une grande saison et qu’il était au sommet de sa forme, Patrick Laine nous laisse encore sur notre appétit, se faisant davantage remarquer pour des mauvaises raisons. On observe toujours cette nonchalance dans son jeu, un manque d’implication et cette impression qu’il est dépassé par le rythme du jeu. S’il est capable de sortir des feintes à couper le souffle pour déjouer un adversaire, il les compense plus souvent qu’autrement par des tentatives risquées dans des zones critiques, qui finissent par nuire à son équipe.
Il est difficile de prévoir comment le CH gérera cette situation. L’an dernier, c’était à peu près le même Patrick Laine qu’on voyait, mais il pouvait au moins réduire la frustration à son égard en marquant, alors qu’on l’utilisait sur le deuxième trio et le premier avantage numérique. Ainsi, il semble que les entraîneurs du CH devront prendre une décision quant à son utilisation. Décideront-ils de lui donner une chance sur un trio plus offensif ? Sinon, il sera intéressant de voir ce que la direction fera.
2ᵉ centre : pas de solution à l’interne
Si les aspirations du CH sont de faire un bout de chemin en séries éliminatoires, il sera primordial de trouver une solution, à court terme, au poste de deuxième centre. Au-delà de ses trois buts, qui lui achètent sans doute quelques matchs, les performances d’Oliver Kapanen ont montré qu’il est tout simplement incapable de diriger un trio offensif. Ses performances, depuis le début de la saison, semblent suivre une courbe décroissante, alors qu’il peine de plus en plus à s’imposer au centre de son trio.
Dans son cas, Kirby Dach ne connaît pas un mauvais début de saison, mais il est encore loin d’avoir prouvé qu’il peut diriger un deuxième trio. Nous serons davantage en mesure de le juger après la première moitié de la saison, mais il serait très surprenant d’avoir des réponses convaincantes d’ici là. Il est donc clair qu’à court et moyen terme, le Tricolore aura besoin d’aide, car l’équipe frappera inévitablement un mur lorsque le premier trio connaîtra de moins bons moments.
Une saison déterminante pour Slafkovsky
À sa quatrième saison dans la LNH, Juraj Slafkovsky est à un point tournant : il devra fournir des réponses quant au joueur qu’il deviendra. Même si ses deux dernières saisons n’ont pas été mauvaises, on se pose encore beaucoup de questions quant à son potentiel, alors qu’on lui a donné — et qu’on continue de lui donner — toutes les opportunités de se prouver et de se forger une identité. C’est d’ailleurs cette identité qui demeure le plus grand point d’interrogation dans son cas : on ne sait pas réellement quel joueur on verra chaque soir. On observe de bons moments au niveau de sa récupération de rondelles, de son implication physique ou de sa capacité à transporter la rondelle, mais peu de continuité d’un match à l’autre, malgré le fait que, depuis le début de sa jeune carrière, il ait été jumelé aux deux meilleurs attaquants de l’équipe.
Une équipe encore jeune
Même si le début de saison du CH met la barre haute pour la suite, il faut se rappeler que l’alignement du Tricolore présente la moyenne d’âge la plus faible de toute la Ligue nationale. Le développement des jeunes joueurs, surtout à l’attaque, est loin d’être terminé, et il faut s’attendre à certaines léthargies de leur part. La direction devra donc être prudente dans les moyens qu’elle utilisera pour améliorer l’équipe, au risque de vouloir la bonifier trop tôt, trop vite.
